B4C Business – Compte rendu conférence avec Idriss Aberkane

B4C Business – Compte rendu conférence avec Idriss Aberkane

Idriss Aberkane renverse une idée reçue, prépondérante sur le monde du travail. Oui, il est possible de produire tout en s’épanouissant ! Pour cette dernière conférence de notre cycle « Rétrospective et perspectives à 10 ans », notre orateur propose un regard novateur sur la conception du travail.

L’amour du travail comme clef de la productivité

La Silicon Valley est bercée de ce modèle, qui serait inspiré de nos régions. Dans les abbayes, les moines investissaient un maximum de temps et d’attention dans la terre ; En ont découlé une production florissante et un modèle pour le cœur économique et technologique du XXIe siècle. L’attention accordée au produit constitue une valeur ajoutée et conduira à une meilleure qualité. Un constat qui va dans les deux sens : si on fait ce qu’on aime, l’attention sera décuplée.

L’équation proposée par Idriss Aberkane est simple. La connaissance résulte de deux facteurs : le temps et l’attention. Le conférencier propose alors l’« at » (attention multipliée par le temps) comme unité de mesure de notre volonté d’apprendre. Impossible de télécharger la connaissance, apprendre résulte toujours d’un effort. S’approprier un savoir, une connaissance demande du temps et de l’attention. Chacun dispose du même nombre d’heures dans une journée, mais celui qui consacre une attention pleine optimise ce temps disponible, et donne, par conséquent, l’impression de disposer de 26 heures dans une journée.

Conjuguer passion et métier

Idriss Aberkane nous propose de repenser le manque de temps et l’impératif d’urgence. Comment y remédier ? Faire sur son lieu de travail ce qu’on aurait voulu faire durant son temps libre. Ce qu’on aurait voulu, mais aussi comme on l’aurait voulu. Un travail qui devient une passion tend à évoluer vers un espace d’essai, presque de jeu. Travailler perd l’aspect contrainte, devient une motivation en soi et beaucoup diront « je ne saurais pas faire sans ». Aberkane propose d’insuffler un petit plus gratifiant, quelque chose qui nous valorise et de là, apparaîtra une plus-value au produit, une raison d’être qui dépasse l’argument du marché.
Le conférencier propose de distinguer passion et corvée. À la passion correspondent une grande facilité d’entrée et une difficulté à en sortir. La corvée prend un procédé inverse. Il est plus facile d’abandonner une vaisselle ou du rangement que de s’y mettre. Investir son travail de sa passion ouvre aux 3P de l’entreprenariat : Précision, Persévérance et Prise de risque. L’amour de son travail ne consiste pas en un alignement comptable. Idriss Aberkane nous livre alors ses références : Apple, Microsoft, Tesla. Steve Jobs et Bill Gates ont commencé dans un garage, mais ont cru à leur produit. Idem pour Elon Musk : il investit ses produits de la certitude qu’ils doivent exister, par tous les moyens ; avec le succès qu’on leur connaît.

Que faire pour Charleroi ?

L’économie de la connaissance resterait-elle cantonnée à quelques idéalistes, ou à une vallée américaine riche de tout ? Le principe le plus simple demeure finalement le plus utile et le plus applicable. La connaissance constitue cette différence entre produit brut et produit fini. Entre un bloc de chêne et une commode, c’est la connaissance du menuisier qui a permis la transformation. Charleroi est cette ville brute que nous devons façonner. Ce sera notre compétence, notre expertise qui lui donnera la forme que nous voudrons.

Rédaction: Tom Guillaume